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#73 Arrêter Instagram ?

Je reviens après une longue absence sur le blog avec une question qui me trotte dans la tête depuis quelques temps.

Aujourd’hui j’ai envie de vous parler de notre relation avec les réseaux sociaux, et plus particulièrement avec Instagram.

Voilà plus de deux ans que j’ai lancé le compte @lapetitelistedemanon. Deux ans, ce n’est pas beaucoup … et pourtant ! Ma vision de ce réseau social a pas mal évolué en si peu de temps …

 

« Et puis à quoi bon?
T’es tellement seul derrière ton écran
Tu penses à ce que vont penser les gens
Mais tu les laisses tous indifférents »
Angèle – La thune

Au lancement de mon compte, je peux dire que j’avais une relation totalement saine avec Instagram (à part peut-être le temps que je pouvais passer dessus). Je postais des photos à mon rythme, sans pression et surtout de façon très spontanée. Les retouches étaient inexistantes et je me fichais de savoir si mon « feed » avait une cohérence visuelle globale ou non.

Et puis j’ai commencé à avoir de plus en plus d’abonnés, à connaître les premières invitations à des événements ou au restaurant, mes premiers envois de colis … Si l’aspect « vitrine publicitaire » me gêne de plus en plus, j’avoue que c’était plutôt gratifiant de voir que mon blog et mon Instagram étaient remarqués par les annonceurs/agences de communication.

Sauf qu’à partir du moment où tu acceptes d’entrer dans ce système, l’engrenage du « toujours + » commence. C’est un peu comme quand tu rentres dans un cercle vicieux de perte de poids : pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Si tu as réussi à avoir 2000 abonnés, pourquoi ne pas viser les 3000, 5000, 10 000 ? Et ainsi de suite. Parce-que c’est vraiment trop chouette de voir qu’on est de plus en plus suivi, qu’on plaît (en apparence) à de plus en plus de gens, qu’on reçoit de plus en plus d’invitations en tous genres ou de colis (souvent inutiles).

Parallèlement tu as du mal à ne pas te comparer aux autres « influenceurs ». À ces feeds toujours plus élaborés. Vient alors les sessions de remises en question quand ton nombre de followers ne monte plus aussi vite qu’avant ou que l’algorithme décide que ta photo n’est pas assez pertinente pour mériter d’être vue autant que tu l’aurais souhaité.

Aujourd’hui je regarde Instagram avec de plus en plus de recul. Parfois je me demande « À quoi bon ? ». À quoi bon raconter ma vie ? À quoi bon courir à tous les événements blogueurs après le boulot alors que ça ne m’amuse pas plus que ça ? Est-ce qu’on va vraiment m’en vouloir de ne rien publier pendant une semaine ?

Manon Instagram

En fait, je pense que tout le monde s’en fout. 

On est des millions sur Instagram. Si tu ne publies pas pendant une semaine, on s’en remettra. Le seul qui risque de ne pas s’en remettre c’est ton nombre d’abonnés, ô dure loi de l’algorithme. Eh oui, les fondateurs d’Instagram l’ont bien compris : pour être vu sur ce réseau social, il faut publier régulièrement (entendez quotidiennement), même quand t’as franchement rien à dire.

Je peux vous dire que poster une photo par jour (ou presque) pendant deux ans : ça demande du temps – BEAUCOUP de temps. Réfléchir aux prochaines publications, tester des adresses ou des recettes, trouver de nouveaux spots ou de nouvelles tenues à shooter, retoucher, trouver le texte adéquat …

Progressivement, je me suis rendue compte que le fait de publier du contenu sur Instagram était devenu une forme de stress. Je me suis mise à m’inquiéter d’être à court de photo, de ne pas avoir le temps de produire suffisamment de contenu le week-end, de ne pas être assez « bien » et qu’on finisse par ne plus apprécier mon compte autant qu’avant. C’est assez flagrant de se dire que je suis beaucoup plus active sur Instagram que sur mon blog alors qu’à l’origine, j’avais créé mon compte uniquement dans le but de donner de la visibilité à mes articles.

Quand je vous ai demandé ce qui vous pèse sur Insta, vous avez été TRÈS nombreux à relever cette forme de pression perpétuelle. C’est comme si inconsciemment on s’entraînait tous dans cette course sans fin. D’ailleurs cette pression ne s’arrête pas au fait de devoir publier régulièrement : il faut aussi entrer dans les nouveaux codes qu’on ne s’est pas forcément fixés (ne pas manger trop de viande, manger bio et de saison, consommer responsable, éviter l’huile de palme, bla-bla-bla) pour ne pas subir des commentaires/jugements désagréables. À force, tu finis par penser ton feed en fonction de ce qui plaît ou non (le burger saignant suivi de la crêpe nutella d’hier soir étaient super bons mais vaut mieux pas les poster sinon tu risques de déchaîner les foules). Mais attend, c’était pas TON compte à la base ? 

 Du coup, je lâche tout ? 

Bah en fait non. Je n’ai aucune envie de quitter Instagram. Parce que finalement OUI, j’en ai passé beaucoup de temps à construire ce compte, à créer du contenu, à faire des photos … D’ailleurs grâce à vous, j’ai vécu des expériences vraiment chouettes, je me suis trouvée une certaine passion pour la photographie culinaire et j’ai même pu tenter de me lancer en freelance pendant quelques mois.

Je pense qu’à partir du moment où tu arrives à prendre du recul sur ce monde virtuel, tu peux espérer retrouver du plaisir à partager avec ta communauté. Parce-que OUI, le partage était à la base l’essence d’Instagram.

La petite liste de Manon

Ma situation professionnelle actuelle me pousse à freiner le rythme de mes publications. Je n’ai plus autant de temps qu’avant pour créer du contenu régulier, j’ai parfois envie de passer mes week-end sous la couette au lieu de courir tester les nouvelles adresses parisiennes (souvent bondées) : so what ? 

Je prends toujours autant de plaisir à faire des photos, à améliorer ma technique et à partager certaines choses de mon quotidien avec vous. À contrario, je prends de moins en moins le temps (et j’ai de moins en moins envie) de répondre aux différentes sollicitations/propositions de partenariats. Je préfère le plus souvent tester les choses à mon rythme, en fonction de mes envies et ne plus sentir la pression ou les différentes relances par mail quand je ne publie pas les publications issues de partenariats assez rapidement. Instagram n’est pas mon métier, et je n’ai aucune envie qu’il le devienne.

Et toi, tu feras quoi toi quand l’intérêt pour Instagram éclatera ?

Si ta réponse est « absolument la même chose », alors fonce ma poule !
Tout roule t’es pas complètement atteint(e) 😇.

J’espère que mon témoignage pourra aider certains à y voir plus clair et surtout, à remettre les réseaux sociaux à leur juste place. J’avais envie d’aborder ce sujet qui me tient à coeur, ayant actuellement l’envie de prendre du recul vis-à-vis de ma relation avec les réseaux sociaux et retrouver le plaisir de publier sans toujours tout calculer.

 

« Peut-être, je devrais m’éloigner
Loin du game, loin du danger
Mais j’avoue, j’aime bien jouer
Si c’est de moi dont on va parler »
Angèle – La thune 🎧

 

Manon 25 ans Diplômée en Master 2 Communication Attachée de Presse & Community Manager Paris

3 commentaires

  • Thibaud

    Merci pour cet article hyper intéressant !!
    Je suis tout à fait d’accord avec toi, l’utilisation abusive d’instagram peut créer de réel problème émotionnel. La quête du toujours + de followers est risquée… Alors j’encourage vivement ta démarche et de nombreuses personnes devraient également suivre 👍👏🎈

    Bises,

    Thibaud du blog http://www.basictoyou.com
    @frombasictoyou

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