#6 Je rencontre : Cécile Hernandez-Cervellon

C’est avec grand plaisir que je vous partage aujourd’hui mon interview avec Cécile Hernandez-Cervellon, vice-championne paralympique de snowboard atteinte d’une sclérose en plaque mais qui a fait de la reconnaissance de l’handicap un combat au quotidien.
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Crédit photo: Stephan Tardieu

 

De championne du BMX à championne paralympique de snowboard, peux-tu nous raconter un peu ton parcours sportif?
J’ai découvert le BMX à l’âge de 10 ans, j’a eu un gros coup de foudre pour ce sport qui m’a nourri de sensations et d’émotions pendant près de 10 ans.
J’ai arpenté toute l’Europe pour faire des compétitions nationales, européennes et même mondiales avec de jolis petits titres et victoires.
J’ai arrêté le BMX puis j’ai testé le snowboard et pareil : coup de cœur pour ce sport.
J’ai quelques compétitions de championnat et coupes de France et me suis ensuite tourné avec mon petit ami vers le free ride.
En 2002, toute ma vie sportive s’est arrêtée après le diagnostic de ma sep.
Et en 2013, après onze années sans être montée sur un snowboard, j’ai repris un peu par hasard j’ai été repéré par Patrice, un rider de l’équipe de France, j’ai fait une première coupe du monde aux USA en janvier 2014 et j’ai appris ma sélection plus qu’improbable aux jeux de sotchi pour enfin décrocher l’argent le 14 mars 2014.
En 2002, tu as découvert que tu étais atteinte d’une sclérose en plaque, peux-tu nous en dire un peu plus sur cette maladie souvent peu et/ou mal connue du grand public?
La sclérose en plaques est une maladie auto-immune qui touche le système nerveux central, en particulier le cerveau, les nerfs optiques et la moelle épinière. Elle génère un problème dans la transmission des influx nerveux. Elle évolue par poussées et elle touche 90 000 personnes en France.
On dit que c’est la première cause de handicap chez le jeune adulte après les accidents de la route.
On dit également qu’il y a 90 000 scléroses en plaques différentes parce que l’évolution et la gravité peuvent être totalement différentes d’un malade à l’autre.
Cette maladie auto-immune ne se guérit pas. Néanmoins, les avancées en matière de recherche médicale ont permis de mettre en place certains traitements pour lutter contre les risques de poussées qui sont souvent imprévisibles. Suis-tu un traitement particulier? Si oui, est-il handicapant au quotidien?
J’ai été sous traitement pendant 3 ans, les effets secondaires étaient très fatiguants et traumatisants pour le corps, je n’arrivais plus à reprendre le dessus.
En 2006, j’ai tout arrêté.
C’est un choix qui n’appartient qu’à moi par contre je suis très bien suivie.
Beaucoup de gens souffrant de cette maladie ont parfois du mal à en parler à leurs proches et la vivent souvent dans l’ombre en particulier dans le monde professionnel. Penses-tu qu’il soit facile de parler ou de simplement parler librement de son handicap à l’heure actuelle? Y-a-t-il un risque « d’étiquetage »?
Il est vrai qu’il n’est pas simple de parler de handicap car le handicap fait peur. Il est encore plus compliqué de l’évoquer car il s’agit pour bons nombres de cas de SEP, de handicap invisible, il n’est pas simple d’évoquer verbalement la fatigue ou même les difficultés sensitives qu’on peut ressentir.
Je milite pour l’ouverture d’esprit sur le handicap invisible car en France 80 % des handicaps sont INVISIBLES !!
Au delà de ta carrière sportive, Tu mènes des actions en faveur de l’handicap, peux tu nous dire ce en quoi consiste ton métier et quels sont les objectifs que tu t’es fixé?
J’essaie de m’investir du mieux et le plus que je le peux dans le marrainage de projets.
J’ai un planning assez chargé mais je fais mon maximum surtout lorsqu’il s’agit de sclérose en plaques mais aussi lorsqu’on me propose de soutenir des projets plus larges en lien avec la santé ou les enfants.
Je milite aussi comme dit plus haut sur la reconnaissance du handicap invisible pour faire évoluer les mentalités.
Je sais qu’il faudra bien des générations pour changer le regard porté sur le handicap alors j’interviens souvent dans les écoles.
Quelle est ta plus belle réussite?
Personnelle ? Sans hésitation, je vais répondre MA FILLE.
Professionnelle : couvrir les Jeux Paralympiques de Londres car ce fut un tournant dans ma vie mais aussi une année avant Les jeux de Londres avoir le culot sans aucune expérience de postuler pour devenir chroniqueuse radios sur Europe 1. Aujourd’hui, je suis professionnellement hyper épanouie grâce à tout ça. J’ai un contrat d’athlète et une convention avec la société Malakoff Médéric qui me permet de m’entrainer au mieux et de « bosser » dans un domaine qui me plaît.
Sportive : Ma médaille aux Jeux de sotchi et le Globe de Cristal gagné cette saison.
Ta détermination semble sans limites. As-tu un rêve particulier que tu souhaites encore accomplir?
je n’ai pas vraiment de rêves, j’ai des envies et des objectifs donc je fais tout pour les accomplir. Beaucoup de choses reposent sur notre volonté et notre envie, alors je me bouge car on n’a rien sans rien et que je pars du principe que le positif attire le positif.
Une devise particulière au quotidien?
Sourie à la vie et la vie te sourira en retour.
Say : Do (ces quelques lettres sont tatouées sur mon bras)

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